Au tour de l’Islande d’affronter les champions du monde. Trois jours après une victoire pleine d’autorité en Moldavie, la France recevait un adversaire bien connu désormais. Dans cette même enceinte dyonisienne à l’Euro 2016, les Bleus s’étaient facilement imposés 5-2. A l’automne dernier, cette fois l’Islande avait donné du fil à retordre à l’équipe de France en accrochant le match nul 2-2 au Roudourou, après avoir mené de deux buts. Didier Deschamps a décidé de reconduire le même onze de départ qu’à Chisinau avec Umtiti en défense centrale, Matuidi dans le couloir gauche et une attaque avec Mbappé, Griezmann et Giroud. L’Islande elle se présentait en 5-3-2 avec Gudmundsson associé à Gilfy Sigurdsson devant.

Autant dire que les joueurs offensifs islandais n’ont pas beaucoup vu le ballon durant ce début de match. Concentrés et sérieux, les Bleus affichaient beaucoup de sérieux, se retrouvant même souvent à dix dans la moitié de terrain adverse. Griezmann se montrait particulièrement mobile alors que Mbappé était davantage dans la percussion. La domination des Bleus était même rapidement récompensée. Déjà auteur d’une accélération déséquilibrante, Mbappé, en position de centre, trouvait la tête d’Umtiti qui rentrait dans le but avec l’aide du poteau (1-0, 12e). Déjà devant au tableau d’affichage, la France appuyait encore sur l’accélérateur et variait ses attaques. Cette fois-ci, le danger venait côté droit où Pavard arrivait à centrer pour la superbe reprise de la tête de Giroud. Halldorsson réalisait une magnifique parade (17e).

La France prend la tête du groupe

C’est ensuite Mbappé qui préférait l’option individuelle pour réaliser une frappe croisée hors cadre (24e). Malgré quelques approximations dans les derniers mètres, les troupes de Didier Deschamps tentaient de creuser l’écart. Il y avait cette nouvelle frappe de Mbappé de peu à côté (34e) ou bien cette reprise de Pavard (41e). Juste avant la pause, Kurzawa trouvait Matuidi dans la profondeur qui ne parvenait pas à placer sa tête au fond (43e). L’Islande souffrait dans cette première période, mais n’était menée que d’un but à la pause. Les Bleus devaient donc restés sérieux durant ce second acte, d’autant que Lloris, qui n’avait rien eu à faire jusque-là devait boxer des deux poings cette grosse frappe de Bjarnason (49e). Après cet avertissement sans frais, les Bleus reprenaient le dessus tout en connaissant un léger temps faible. Il fallait attendre l’heure de jeu pour les revoir mieux maîtriser les éléments.

Les occasions s’enchaînaient alors. Pavard retentait sa chance d’une frappe de l’extérieur sans connaitre la même réussite que face à l’Argentine (58e). Matuidi s’essayait aussi de loin (62e) avant que Pogba serve Giroud dans le dos de la défense (66e). La reprise acrobatique de l’attaquant terminait à côté, mais sur l’action suivante, il profitait du centre de Pavard et de la sortie complètement ratée de Halldórsson pour doubler la mise (2-0, 68e). L’Islande finissait par complètement lâcher prise lorsque Griezmann alertait Mbappé dans la profondeur, qui remportait son duel (3-0, 79e). Didier Deschamps profitait de cette avance pour enfin procéder à un changement avec l’entrée de Lemar pour Kanté (80e). Si Lloris protégeait son but sur cette reprise à bout portant de Sigurdsson (82e), Mbappé rendait la pareille à Griezmann d’une subtile talonnade en pleine course (4-0, 84e). La fête est totale puisqu’avec cette large victoire, le les Bleus prennent la première place du groupe H grâce à une meilleure différence de buts que la Turquie.

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L’homme du match : Pogba (8) : un match de costaud au milieu. Il a su imposer son physique et récupérer des ballons hauts pour écourter au maximum les phases de transition. Techniquement précieux dans l’entrejeu, il a su trouver des solutions et des alternatives face à ce bloc bas et regroupé comme sur ce ballon piqué par dessus la défense pour Giroud (66e). Le Mancunien aurait pu mettre un peu plus de vitesse dans le jeu, ce qu’il a fait en seconde période comme sur le troisième (78e) et le quatrième but (84e).

France :

- Lloris (6,5) : mis une fois en difficulté par sa défense, il n’a pas paniqué pour dégager ce ballon chaud (25e). En première mi-temps, il n’a pas eu à s’employer, seulement à donner de la voix sur les rares coups de pied arrêtés islandais. En seconde période, il est de suite remis dans le match avec une lourde frappe de Bjarnason repoussée des deux poings (49e). Encore concentré sur cette reprise à bout portant de Sigurdsson (83e). Sérieux.

- Pavard (7,5) : un centre parfait pour Olivier Giroud (17e) qui illustre bien son match. Face à cet adversaire regroupé, le futur joueur du Bayern Munich a tenté d’apporter des solutions dans le couloir. Pas toujours en réussite dans ses choix offensifs, il aurait pu faire mieux dans certaines situations mais il s’est régulièrement trouvé libre de tout marquage. Il en a d’ailleurs profité pour allumer deux fois la mèche (41e, 58e) puis pour distribuer une passe décisive pour Giroud (68e). Défensivement, il n’a pas souffert.

- Varane (7) : peu mis à contribution, on ne l’a pas trop vu dans son registre défensif habituel. Il a su gérer son placement sans problème et prendre le dessus la plupart du temps sur les coups de pied arrêtés adverses. Il s’est aussi signalé par deux interventions autoritaires. On l’a plus vu avec le ballon dans les pieds lorsqu’il fallait donner la première relance. Une tâche qu’il a maîtrisée, alternant même avec un peu de jeu long précis.

- Umtiti (6,5) : préféré à Kimpembe au coup d’envoi, le Barcelonais a réalisé une prestation sérieuse. Buteur sur ce centre de Mbappé (12e), il a su amener le danger sur les phases arrêtées françaises et s’est montré très concentré dans ses relances. Deux ballons pas vraiment donnés dans les meilleures conditions à Lloris pour seuls reproches, car pour le reste il a assuré. En même temps, il n’a pas été vraiment mis à contribution.

- Kurzawa (6) : pas forcément en difficulté dans son couloir, le Parisien n’a pas non plus rendu une copie impeccable. Quelques ballons perdus qui ont offert des situations de contre (21e, 49e) et des hésitations mais un apport offensif certain. Il dépose notamment un bon centre dans la profondeur pour Matuidi (43e) et a dû apporter du soutien. Il n’a pas toujours été juste dans ses choix. Remplacé par Kimpembe (85e).

- Pogba (8) : voir ci-dessus.

- Kanté (5,5) : il est venu gratter des ballons et casser quelques actions islandaises par des récupérations et même des petites fautes. Il aurait d’ailleurs pu prendre un jaune sur ce tacle par derrière sur Gudmundsson (20e). Il a aussi su coulisser pour compenser les montées des latéraux. Lui aussi aurait pu mettre un peu plus de vitesse dans le jeu. Remplacé par Lemar (80e) lorsque le match était déjà plié.

- Mbappé (7) : un début de match balbutié entre un duel trop facilement perdu et deux pertes de balle évitables mais il s’est vite rattrapé. Après une première accélération, il a déposé un centre parfait sur la tête victorieuse d’Umtiti (12e). Une frappe croisée qui aurait mérité meilleur sort (24e), puis une seconde à côté du cadre (34e). Des décisions qui n’ont pas toujours été bonnes mais il finit par marquer à son tour (78e) et délivrer un caviar d’une talonnade pour Griezmann (84e).

- Griezmann (7) : comme d’habitude, il a pris le jeu à son compte. Le Colchonero n’a pas hésité à décrocher et même à revenir défendre dans son camp. Pourtant régulièrement bien placé, il a dû attendre avant d’être servi en balles de but. Il s’est d’ailleurs procuré sa première occasion tout seul mais il a trop enlevé sa frappe à l’entrée de la surface (62e). Il s’est davantage illustré devant durant la dernière demi-heure, multipliant les courses, réalisant une passe décisive pour Mbappé (78e) et marquant le dernier but français (84e). Averti (90e+1).

- Matuidi (5,5) : il s’est montré utile dans ce rôle pour protéger son couloir face notamment les nombreuses montées de Kurzawa mais cela était-il important face à tel adversaire ? Moins brillant dans le registre offensif, il n’a pas vraiment permis aux Bleus de créer des décalages sur le côté gauche entre un manque de vitesse et un soutien tardif. Une occasion de la tête qu’il n’a pas concrétisée (43e) et une frappe de loin hors du cadre (62e).

- Giroud (6,5) : pas facile de se faire une place contre ce genre d’équipe qui attend dans son camp mais le joueur de Chelsea a su tirer son épingle du jeu avec notamment ce joli coup de tête repoussé par Halldorsson (17e). Après cette occasion grâce à Pogba (66e), il a réussi à inscrire son 35e but en équipe de France sur ce centre de Pavard (68e). Dans son rôle de point de fixation, il a tenté de remiser sans toujours y parvenir (59e, 64e). Présent dans le combat, il est aussi parvenu à gêner les relances islandaises. Remplacé par Sissoko (90e).

Islande :

- Halldorsson (3) : le portier de Qarabağ voyait le danger français se rapprocher, mais n’a absolument rien eu à faire dans les dix premières minutes et le premier ballon qu’il toucha fut un qu’il allait chercher au fond de ses filets. Il ne peut rien sur la belle tête croisée d’Umtiti (12e). Il s’interpose de façon magnifique en claquant une tête d’Olivier Giroud (17) et semble battu sur une frappe trop croisée de Kylian Mbappé (24e). Il n’a pas eu beaucoup de travail en seconde période, mais il ne l’a pas bien fait. Sur un centre de Benjamin Pavard, il passe totalement à côté de sa sortie et permet à Giroud de marquer dans le but vide (68e). Il est devancé par Mbappé sur le troisième but signé Kylian Mbappé (78e). Il sort aussi de manière rapide, mais voir la balle piquée d’Antoine Griezmann lui passer au-dessus sur le 4-0 (84e).

- Saervarsson (3) : le latéral droit islandais eut beaucoup de travail. Sur son côté, Layvin Kurzawa s’est fait un plaisir d’accélérer. C’est sur son côté que vient le but d’Umtiti (12e). Kylian Mbappé est bien trop seul pour ajuster son centre vers le défenseur du FC Barcelone. Peu en verve ce soir Saervarsson a eu beaucoup de difficultés. Un peu de mieux en deuxième mi-temps même si c’est en partie dû au fait que les Bleus se régalaient de l’autre côté. Toutefois, il est plus qu’en retard sur Kylian Mbappé sur le troisième but (78e). Offensivement, il offre une belle balle de but manqué par Gilfy Sigurdsson (82e). Remplacé par Skulason (84e) qui n’a pas eu le temps de se montrer.

- Ingason (3) : l’un des trois défenseurs centraux chargés de contenir les Bleus, il a eu du mal dans son placement. Il ne suit pas bien Samuel Umtiti sur le but des Tricolores en première mi-temps. Bien bas, il a tenté de couper les centres des Français et de bien lire les déplacements des milieux de terrains qui se projetaient, pas toujours avec grand succès.

- Arnason (4) : dans le jeu aérien, il a été maître, sur ce point, rien à dire. Il a pris un nombre incalculable de ballons de la tête que ce soit sur phase défensive ou encore offensive quand les Islandais bénéficiaient de touches, qu’ils jouaient longues, ou de coups de pied arrêtés. Défensivement, il a aussi tenté de lire les courses et de couper les ballons. Il ne semble pas vraiment comprendre la sortie de son portier sur le but de Giroud (68e). Il se fait totalement déposer par Antoine Griezmann sur le quatrième but des Bleus (84e)

- R. Sigurdsson (3,5) : Ragnar Sigurdsson a été plus à l’aise que son pendant de l’axe central droit. Il a tout tenté pour venir aider son latéral gauche, Magnusson, en grandes difficultés avec un Kylian Mbappé spécialement remuant. Lui aussi s’est attelé à combler les brèches et a tenté de couper les trajectoires de passes venant des côtés ou de l’axe central. Il est aux abonnés absents sur le but d’Olivier Giroud (68e).

- Magnusson (2,5) : il avait un vrai client en face de lui : Kylian Mbappé. Sa vitesse a fait beaucoup de mal et quand ce n’était pas lui, c’était Benjamin Pavard qui venait à sa rencontre. Bien aidé par Ragnar Sigurdsson et par Bjarnason juste devant lui. Totalement dépassé par Benjamin Pavard, qu’il laisse centrer, sur le second but de l’équipe de Didier Deschamps.

- Sigurjonsson (3,5) : les travaux des milieux de terrain ont été compliqués. Leur rôle ? Empêcher les Français de progresser, défendre et, une fois le ballon récupérer, se projeter rapidement vers l’avant. Sur son côté gauche, Sigurjonsson a eu beaucoup de mal à défendre, mais il a tenté d’aller le ballon au pied de l’avant. Son fait d’armes de la première période ? Il obtient une belle touche dans le camp des Bleus alors que ses coéquipiers n’arrivaient pas à sortir le ballon (16e). Remplacé par Traustason (57e) qui a brillé par son absence et beaucoup couru dans le vent.

- Gunnarsson (4) : capitaine émérite de l’Islande, il a eu beaucoup de mal à coordonner les deux milieux de terrains défensifs qui évoluaient à ses côtés. Bien mieux en seconde période quand il fallut montrer les muscles à ses adversaires. Un match relativement compliqué pour lui puisque son équipe évoluait dans ses trente derniers mètres ce soir au Stade de France.

- Bjarnason (4) : il a été probablement le meilleur homme de l’entrejeu islandais. Dès les premiers instants, il crut impressionner Kylian Mbappé en lui mettant un petit coup et l’obligeant à recevoir des soins (5e). Au départ de quelques tentatives d’allant offensif, il oblige Hugo Lloris à se coucher sur une jolie tentative (49e). Sinon, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent.

- G. Sigurdsson (3,5) : le joueur d’Everton a, comme son collègue de l’attaque islandaise, beaucoup couru pour aller au pressing. Il a reçu peu de bons ballons et ce fut vraiment très compliqué pour lui de se mettre en évidence. Il a tenté sa chance suite à une tête d’Arnasson, mais sa frappe trop écrasée n’inquiète pas du tout Hugo Lloris qui avait bien lu la trajectoire. Il trouve à nouveau Lloris sur une demi-volée de près (82e).

- Gudmundsson (3) : il a autant couru que son compère de l’attaque, mais lui n’a eu absolument rien à se mettre sous la dent. Dos au but, il a pu, sur quelques rares ballons, tenté de faire remonter son bloc sans véritablement succès. Vu la physionomie de la rencontre, c’était compliqué pour lui de faire beaucoup mieux. La pépite a tenté quelques débordements, mais il s’est vite retrouvé isolé. Remplacé par Finnbogassonn (63e) qui s’est montré rapidement en tentant de se porter vers l’avant, sans succès et qui n’a rien montré d’autre sauf une tête absolument inutile sortie en six mètres (90e +1).