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Liens relatifs Equipes JoueursRicadro Izecson Santos Leite est un miraculé, un homme pieux qui a ouvert son cœur à Dieu après que sa vie ait failli basculer. En effet, le joueur lors d’une journée chez ses grands parents se brise la 5e vertèbre après un plongeon raté dans la piscine. « Cet épisode m’a certainement renforcé sur le plan spirituel, Dieu m’a aidé à guérir alors que je risquais d’être paralysé pour toujours sur une chaise roulante. » En remerciement, Kakà célèbre tous ses buts en pointant ses index vers le ciel et en psalmodiant une prière à sa gloire.
Sa foi est si profonde et omniprésente qu’elle influe sur sa vie et sa carrière. Pour le brésilien, sans l’aide du divin, il n’aurait jamais réussi sa vie. C’est aussi ce qui le conduit à se fiancer à Caroline Celico une adolescente de 17 ans, qui restera au Brésil pendant qu’il joue à Milan. "Je veux suivre l’exemple de fidélité de mes parents qui sont mariés depuis vingt-trois ans", déclare-t-il et il le fera en se mariant en décembre 2005. Pour Berlusconi « c’est le fils idéal, le mari idéal, le gendre idéal. Il est beau, courageux, talentueux, éduqué, bon et il a une femme merveilleuse. Je leur ai dit qu’ils auront des enfants merveilleux. »
La religion et le football
Ses convictions religieuses font partie intégrante du joueur extraordinaire qu’est Ricardo Izecson Santos Leite. Son surnom lui vient de son petit frère qui n’arrivait pas à prononcer son prénom, Ricardo se transformant en ca ca, puis Kakà. Issu d’une famille aisée (papa est ingénieur civil, maman est professeur) né à Brasilia la capitale économique du brésil, totalement créée par l’architecte Lucio Costa et inaugurée en 1960. Le président Juscelino Kubitschek voulait symboliser le renouveau et la richesse du Brésil, tout en attirant la population et l’activité économique vers l’intérieur des terres. On lui a reproché de ne pas avoir parfait sa technique dans les favelas, pourtant le joueur n’a rien à envier à un Ronaldinho, ou un Robinho en matière de technique. D’ailleurs dès l’âge de 17 ans, Kakà fréquente la sélection espoir et joue en équipe première à Sao Paulo, où il a été formé. Il est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération, dans la lignée de Rivelino et Socrates pour son élégance balle au pied et son port altier. Un numéro 10 à l’ancienne comme pouvait l’être Platini ou Maradona, distillant passes et buts décisifs.
Ricky (son autre surnom) a d’ailleurs souvent brûlé les étapes. A 19 ans il signe son premier contrat pro ; à 20 ans il intègre la seleçao face à la Bolivie en 2002. Première avec les Auriverde et première victoire 6 à 0. Cette sélection lui permet d’accrocher le wagon du mondial 2002 et il devient champion du Monde ; certes en disputant seulement 19 minutes face au Costa Rica, mais il n’a que 20 ans et l’avenir devant lui. D’ailleurs Ronaldinho voit en lui le futur du Brésil « un joueur doté d’une excellente technique et de beaucoup de qualités individuelles », mais qui pense d’abord au collectif. Ricardo est dès lors pisté par les grands clubs européens, on parle même du PSG qui vient de permettre à Ronnie de s’habituer au football européen et qui est transféré au Barça. Mais, Leonardo, un ancien du club parisien va convaincre Berlusconi et son staff de recruter le meneur carioca.
L’incroyable finale perdue
Kakà devient donc milanais à l’été 2003, il quitte son club de toujours avec un super championnat de Sao Paulo. Ricky se trouve lancé sur la voie du succès, puisque la saison 2003/04 sera celle de la révélation de kakà au grand public. Il sera élu meilleur espoir et meilleur étranger du Calcio à la fin de la saison, avec le dernier scudetto du Milan. L’impact du brésilien sera immédiat, pouvant évoluer sur tous les postes offensifs du milieu de terrain, même si pour Juninho « c’est (avant tout) un vrai numéro 10. Très complet. L’un des derniers du circuit. Il va toujours de l’avant sans se poser de questions. » D’ailleurs ses coéquipiers avouent que sans lui Milan n’aurait jamais obtenu le titre.
La saison qui suit est plus compliquée, le mal brésilien le touche, il n’avance plus, il souffre, mais il finit l’année avec 7 buts en 36 matches. Mais c’est surtout la défaite en Ligue des Champions face à Liverpool qui marque la saison du rossonero. Milan mène 3 à 0 à la mi-temps et alors que tous les observateurs voient une victoire aisée des italiens, les reds font un retour incroyable sous l’impulsion de leur capitaine Gerrard. Le Milan s’inclinera finalement au tir aux buts, quoi de plus cruel ? Heureusement la sélection lui permet d’absorber cet échec grâce à la victoire des stars brésiliennes à la Coupe des Confédérations 2005 en Allemagne.
Le scandale du Calcio
De retour à milanello, Ricardo veut repartir de plus belle et il se lance à corps perdu dans une nouvelle saison avec pour objectif prioritaire de gagner le titre et de retourner en finale de la LDC. Mais, la Juve ( bien aidée par les relations que Luciano Moggi, son directeur sportif nouent avec les arbitres) remportera le titre ; s’ensuivra l’affaire du scandale du Calcio et la descente du club turinois, plus les points de pénalité pour Milan, la Fiorentina et la Reggina.
La finale de la Ligue des champions, les milanais la regarderont à la maison, éliminés en demi-finale par le futur vainqueur, le FC Barcelone ; après deux rencontres très disputées où le meneur brésilien ne réussit pas à faire la différence. Même si le joueur est aussi capable d’exploits individuels incroyables, comme son but en amicale face à l’Argentine à Wembley. A la lutte avec Leo Messi, il prend la balle depuis sa propre surface de réparation et remonte le terrain trop vite pour le petit argentin. Arrivé à proximité de la surface il fixe les derniers défenseurs et loge la balle hors de portée d’Abonzanderi.
La Coupe du Monde 2006, une nouvelle désillusion
Nouvelle saison blanche donc, mais la Coupe du Monde Fifa 2006 doit être l’avènement de la Dream Team brésilienne. Malheureusement, ils croiseront la route d’un Zidane inspiré et d’une « équipe de France en mission ». Avant la rencontre, Vieira confiera que le joueur qui l’a vraiment impressionné, c’est Kaka, par rapport à ses percées et à la vitesse à laquelle il va balle au pied. « Pour moi, il est peut-être le joueur le plus dangereux du Brésil ». Kakà inscrira l’un des plus beau but du Mondial en poule, mais il ne remportera pas de nouveau titre de Champion du Monde.
Les jours qui suivent la fin du Mondial voient le petit monde de Ricardo s’agiter. Le Real Madrid a un nouveau président qui souhaite recruter le meneur milanais. Les dirigeants madrilènes font le forcing pour enrôler la star. Ils prennent contact avec l’agent du joueur, mais Silvio Berlusconi ne veut pas entendre parler de transfert et même si, petit, Kakà rêvait du Real Madrid, son discours est tout en retenue. « En premier lieu le Real Madrid devrait appeler le Milan. Si les deux clubs se mettaient d’accord je n’aurais pas de problème. Je ne trahirai jamais le Milan, cependant si les deux clubs se mettaient d’accord... ».
Une saison en or
En tout cas, au vu de la saison qu’a réalisé le joueur, Milan ne regrette pas de l’avoir conservé. Après la perte de leur buteur emblématique Andrei Shevchenko, la saison sans Kakà aurait été catastrophique. D’ailleurs pour Sheva « Kakà est le plus fort cette année. Il mérite le ballon d’Or et je suis sûr qu’il l’aura, si ce n’est pas cette année alors ce sera dans un futur proche. » Le meneur milanais n’a jamais été aussi prolifique que cette saison en ligue des champions (10 buts en 10 rencontres). Il a été décisif en demi-finale face à Manchester, qualifiant presque à lui seul les milanais (2 buts magnifiques à Old Trafford et 1 autre au retour). Il sera un acteur déterminant de la finale de ce soir à Athènes face aux Reds.
En cas de victoire, Kakà pourrait dès lors prétendre au titre de meilleur joueur de la Ligue des champions pour lequel il est présélectionné au même titre que Drogba ou Cristiano Ronaldo. On murmure également une distinction encore plus honorable en coulisse en parlant du ballon d’or, promis en mars à l’ailier Portugais. Même si le meneur brésilien déclare avec humilité que « Messi et C. Ronaldo sont, actuellement, les meilleurs joueurs du monde ».
Un homme normal
Kakà n’est pas qu’un technicien hors pair capable de dribbler et accélérer sans jeter un regard sur son ballon. La tête haute, toujours, très élégant et désormais décisif, Ricky se sent avant tout un homme de foi qui pense aux autres avant tout, investi d’une mission. Après sa finale il pourra partir en vacances car il ne veut pas disputer la Copa America cette année. « Je ne me repose pas depuis 3 saisons, je ne pourrais donc pas offrir les performances attendues. » Ricardo Izecson n’est pas un surhomme, et il aspire à plus de tranquillité et de repos.
Pour lui, sa notoriété lui confère certains privilèges (il est mannequin pour Armani) mais aussi des obligations, « je parle avec les supporters, je pose pour une photo avec eux, mais j’essaie toujours de leur expliquer que je suis comme eux, un homme normal, avec ses joies et ses peines. » Sa prochaine joie serait de pouvoir soulever, ce soir la coupe aux grandes oreilles.