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William Gallas, bouc-émissaire de l’échec d’Arsenal

28/04/2008 - 13 h 56 - Aristide Mamilo

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La saison d’Arsenal qui s’annonçait florissante se révèle être finalement une année sans titre comme l’a rarement connu le club depuis l’arrivée d’Arsène Wenger en 1996.

La défaillance dans un sport collectif est logiquement opposable au groupe dans son étendue, c’est-à-dire l’encadrement technique la direction et les joueurs. Sauf que dans le cas des Gunners, le bouc-émissaire choisi pour justifier l’échec est le capitaine de l’équipe William Gallas.

Il lui est notamment reproché de ne pas avoir pris la mesure du rôle que lui conférait son statut. Par des gestes, des attitudes et son absence lors des tournants de la saison, l’international français est l’objet de toutes les critiques, ce qui remet en question son statut de capitaine et son avenir dans son club.

Les critiques

Loin d’être un acharnement médiatique comme la presse anglaise s’en est fait la spécialité, et n’a pas manqué d’en faire la preuve une nouvelle fois à ce sujet, c’est à l’intérieur de son propre camp que surviennent les assauts les plus virulents.

Lee Dixon, quinze ans Gunner, qui a connu l’arrivée d’Arsène Wenger à la tête du club et vécu la mutation vers le renouveau, est monté au créneau il y a quelques jours.

« Quand le vent tourne et que ça commence à devenir difficile, vous avez besoin d’un leader. Et William Gallas n’est pas ce que j’appelle un chef. Il est bon défenseur, mais il est nécessaire qu’il soit à son meilleur niveau quand l’équipe est sous pression, et il ne l’était pas. L’égalisation à 1-1 de Manchester United fut un coup de massue, et Gallas n’a parlé à personne. ».

Intronisé capitaine dès son arrivée en début de saison, alors que le brassard devait revenir naturellement à Gilberto Silva (vice-capitaine la saison dernière), le Français qui ne s’était pas imprégné de l’esprit Gunner avant d’hériter de cette lourde charge, n’a pas été à la hauteur des attentes comme le furent à leur temps Tony Adams, Patrick Vieira, et même Thierry Henry.

« Gallas a eu un apport bénéfique en début de saison, mais après le match à Birmingham, il a fait une erreur (Gallas a tapé dans une bouteille d’eau et a engueulé ses coéquipiers pour avoir concédé un penalty dans la dernière minute,). Il le sait. On a essayé de le réintégrer dans l’équipe et il est bien revenu, mais quand vous faites une erreur, cela devient difficile. Cela a été un moment vraiment important de notre saison » assène son coéquipier Kolo Touré.

Des remises en question qui ne sont pas passées inaperçues chez Arsène Wenger qui a été interrogé à ce sujet « Je ne peux pas encore vous dire si William Gallas sera le capitaine d’Arsenal la saison prochaine. Je ne ferai l’analyse de cette saison que lorsqu’elle sera terminée ».

Traqué par la presse britannique, remis en cause par les joueurs historiques d’Arsenal, critiqué par ses coéquipiers, l’avenir de Gallas à Arsenal suscite désormais des doutes.

L’avenir

Actuellement lié avec les Gunners jusqu’en 2010, les négociations pour une prolongation de contrat de Gallas étaient en cours avant que le tableau ne s’assombrisse.

Initialement, le Français devait parapher un nouveau bail qui se serait étendu jusqu’en 2012, sachant que ses émoluments actuels s’élèvent à 120 000 € hebdomadaires. Mais, la nouvelle configuration de la situation n’optimise pas l’avenir du joueur sous les couleurs d’Arsenal. En effet, des bruits font état d’une hypothèse de sortie envisagée par l’ex-Marseillais dès la fin de cette saison, sachant que des clubs comme le Real Madrid ou encore le Milan AC qui ont manifesté leur intérêt dans le passé pour le joueur sont encore à la recherche d’un défenseur central d’envergure en vue de la saison prochaine, tout est envisageable.

Le fait que l’analyse du bilan de la saison de l’intéressé tranche avec les critiques évoquées tantôt, témoigne du malaise qui règne désormais dans la maison gunner « Cela me rend fou parce que je ne pense pas que cela ait été notre problème. Comment peut-on réduire notre saison à ce truc de Birmingham (NDLR : Gallas avait eu une vive altercation avec Gaël Clichy) ? Ce n’est pas ce qui nous a empêchés de continuer à gagner », a déclaré William Gallas dans les colonnes du Daily Mail.